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UN MOT SUR L'HISTOIRE DU COLLEGE ALFAJIRI
Faute de personnel disponible, ces derniers ne purent accepter cette charge immédiatement. Monseigneur Leys dut donc démarrer avec les moyens de bord, c'ets-à-dire avec son personnel missionnaire Fin octobre 1938, il télégraphia de Belgique pour extraire de la brousse de Masisi le Père Mosmans et l'aiguiller sur Costermansville où trois garnements qui jouissaient de vacances prolongées, se trouvaient en panne. L'un était en 6e (Christian Met den Ancxt), l'autre en 5e (Joseph Sterckx) et le troisième en 4e(Robert Stephenson). Ce furent les fondateurs du Collège. Après quelques pourparlers question meubles et immeubles, le Collège débuta le 7 décembre 1938 à 8 heures du matin sous le nom de "Collège St, Charles" dans la maison-agrandie depuis - qui se trouve au bord du lac, juste avant la bifurcation vers l'hôpital. La plaine de football de laKawa, toute proche, servait de cour de récréation. On y fouait des matches à ... quatre.
Voilà les origines les plus lointaines du Victory.
Quelques mois plus tard, en mars 1941, le Père Monnens, qui avait dû fuir de Rome au moment de l'invasion de la Belgique et qui était arrivé au Congo via le Portugal. Vint à Bukavu pour s'occuper de la construction du collège définitif. C'est lui qui conçut et réalisa le splendide Collège Notre-Dame de la Victoire. Mais comme ils ne pouvaient recevoir du personnel de Belgique, il fut décidé que le collège serait dirigé par une équipe Jésuites-Pères Blancs. Quelques mois plus tard, en mars 1941, le Père Monnens, qui avait dû fuir de Rome au moment de l'invasion de la Belgique et qui était arrivé au Congo via le Portugal. Vint à Bukavu pour s'occuper de la construction du collège définitif. C'est lui qui conçut et réalisa le splendide Collège Notre-Dame de la Victoire. Mais en attendant, l'année scolaire 1940-41 devait être organisée pour les quarante-deux élèves, dont vingt-sept internes. Le bâtiment fut allongé : les couchettes *furent superposées pour augmenter la capacité du dortoir et, durant toute l'année, on vécut pratiquement au milieu des travaux, car à chaque trimestre, la place manquait et il fallait trouver de nouvelles solutions. Bref, ce fut épique.
En septembre 1940 il y avait une 5ème latine (P. MOsmans), une 6ème latine (P.Thuysbaert) et les 7ème et 8ème (P.Bongaarts). Comme personnel, c'était fort juste et il ne faillait pas que quelqu'un tombe malade. Or précisément au début du troisième trimestre, le P.Thuysbaert dut être opéré et peu après, le P.Bongaarts alla lui tenir compagnie à l'hôpital car il s'était vilainement démis le genou. Il y eut donc quatre classes et un professeur. Ce fut du sport. Les cours commençant à 8 heures jusqu'à midi et reprenaient à 2 heures pour durer jusqu'à 6 heures.
Le seul Père survivant allait d'une classe à l'autre et se faisait aider par les "grands" de 5ème latine qui donnaient à tour de rôle des cours en 7ème et 8ème. Inutile de dire qu'au point de vue discipline, ces professeurs "improvisés" étaient de véritables tyrans, d'une exigence et d'une sévérité implacable. Ce fut au fond une excellente"affaireé pour les professeurs attitrés, car, par contraste, leur sévérité parut une indulgence toute paternelle et, quand ils reprirent les rènes, ils trouvèrent un auditoire extraordinairement bien disposé.
Cette année scolaire vit les premières victoires en foot ar le P.Bongaarts, connu bientôt comme un "international de classe", sut former une équipe qui ne connut pas la défaite durant de longues années.
Ce fut aussi l'année du lancement de la troupe scoute; les grandes aventures ne manquèrent pas, entre autres un formidable jeu de Morgan qui passionna la ville entière et provoqua de sensationnelles courses d'autos.
Pendant ce temps le P.Monnens se démenait pour organiser la construction du collège et en juillet 1941, les premiers indices du chantier se dessinèrent sur le terrain.
A la fin des grandes vacances nous arrive le premier professeur jésuite, le P. Poelmans; en septembre 1941 s'inaugure la 4ème année du collège toujours à la mission et qui comprenait les calsses depuis la 8ème jusqu'à la 4ème.
En septembre 1941, le collège "Saint Charles", dirigé jusq'alors par le Père Mosmans, devenait le "Collège S.J.".
C'est que le RP Monnens, Jésuite, prenait le gouvernail du collège en main, comme recteur. Depuis quelques mois déjà, Bukavu s'était familiarisé avec sa haute stature. On le voyait dans tous les bureaux, dans tous magasins, sur tous les chantiers, toujours à l'affût de matériel de construction pour son nouveau collège. A ce moment, la première aile des cambres d'élèves sortait à peine de terre.
Le 19 septembre, le nouveau recteur attendait quelques 35 internes : ils arrivaient... au compte-gouttes, par mer (si le charmant lac kivu mérite ce nom), par la voie des airs... les uns aujourd'hui, d'autres le lendemain, quelques-uns seulement le surlendemain...on est au Congo.
On s'embrarque pour la nouvelle année scolaire sans tarder, sans attendre les retardataires. En effet, le lendemain, 20 septembre, quand le chauffeur a déversé sa charge vivante d'externes, tout le monde est embrigadé : à partir de nos "rhétoriciens" de 4ème latine jusqu'aux moutards de 8ème préparatoire. Les "anciens" gardent une prudente réserve...
Qu'est-ce qui va se passer ? Ils ont entendu dire : "Les Jésuites reprennent la direction du collège". or ces mots étaient prononcés sur les tons les plus différents, avec des accents très variés, de l'attente intriguée jusqu'à se retrouver parmi tous ces bâtiments, éparpillés selon un ordre un peu désordonné...
mais après quelques joursde flottement et de tâtonnement, comme cela se voit dans tout collège qui recommence, notr evoilier vogue joliment. La consigne est donnée, dès le début, claire et nette : "il faut qu'on travaille... comme en Europe".
Le Père Recteur n'y va pas de main morte et tout le corps professoral marche derrière lui. Il faut évidement un certain temps pour mettre en branle une cervelle de jeune colonial, qui sait beaucoup mieux comment dépanner une voiture que comment disséquer César. Mais il faut bien ...on est là pour stimuler les paresseux.
Le Père Recteur disparaît de la Mission dès 9 heures pour activer le travail au chantier de Nya-Lukemba; mais malgré cela, on sent errer partout et toujours son regard observateur, fureteur même. On ne rigole pas avec lui : gare à celui qui est "appelé par le Père Recteur".
Après quelques semaines, sinon des mois, la résigantion au travail fait place à un emballement, au moins chez les vrais des vrais.
Mais alors... travaille-t-on réellement ? Eh bie, l'inspecteur tant appréhendé, n'a pas eu trop à critiquer lors de sa visite des classes. ici les documents sont formels. Et un autre critère, moins solide cependant, est que les élèves bougonnaient bien de temps à autre. "On a si peu de congés"..."On a tant de trvail". Ils trimaient, c'est entendu.
Mais les professeurs encore provisoirement installé à la Mission, règnait une véritable atmosphère de famille, un legs que le Père Mosmans avait pu laisser grâce à son travail patient des années précédentes. Parfois, il fallait serrer la vis, chose normale dans un collège grandissant, mais mesure totalement incompréhensible pour un jeune colonial qui ignore les éléments de la discipline. D'où inévitablement des heurts de temps à autre, mais... on reste "bons amis" quand même.
Et si l'on s'amusait...dans le bois de sapins, ou aux parties de "drapeaux", disputées héroïquement et âprement...(on savait courir alors), ou à la Botte ! Et du cinéma? ah, là, là... Il fallait des ruses de Sioux, mais de diplomate avisé et d'avocat déluré pour obtenir du Père Recteur ces innocentes séances de pathé-Baby au réfectoire des pères.
Qui ne se rappelle pas "Belphégor" ?
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